Les oiseaux de paradis, les plus beaux plumages du monde
Introduction
Quand les premières peaux de paradisiers parvinrent en Europe au XVIᵉ siècle, les marchands avaient retiré les pattes. Les naturalistes en conclurent que ces oiseaux ne se posaient jamais et vivaient suspendus dans les airs, nourris de rosée — d'où leur nom d'oiseaux de paradis. La réalité s'est révélée plus extraordinaire encore que la légende.

Une famille née de l'isolement
Les paradisiers comptent une quarantaine d'espèces, concentrées presque exclusivement en Nouvelle-Guinée et sur quelques îles voisines. L'île n'abrite pratiquement aucun grand prédateur terrestre et regorge de fruits toute l'année. Deux conditions rares qui ont permis à la sélection sexuelle de s'emballer : les mâles n'ayant ni à fuir ni à chercher longuement leur nourriture, l'évolution a pu se consacrer à l'ornement.
Le Paradisier superbe et son noir absolu
Les plumes de la cape du Paradisier superbe (Lophorina superba) absorbent jusqu'à 99,95 % de la lumière visible. C'est l'un des noirs les plus profonds mesurés dans le monde vivant, obtenu par des micro-structures de plumes qui piègent les photons plutôt que par un pigment. Effet recherché : pendant la parade, le plastron bleu électrique semble flotter sans support, sur un vide absolu.
Le Paradisier royal de Saxe et ses rubans
Le Paradisier royal de Saxe (Pteridophora alberti) porte sur la tête deux rubans deux fois plus longs que son corps, bordés de fanons émaillés bleu ciel. Quand les premiers spécimens arrivèrent en Europe, les naturalistes crurent à un canular de taxidermiste ayant assemblé deux animaux.
Le Paradisier bleu, qui parade à l'envers
Le Paradisier bleu (Paradisaea rudolphi) se suspend la tête en bas pour déployer ses flancs en éventail, transformant sa silhouette en une forme entièrement nouvelle. Il accompagne la parade d'un bourdonnement mécanique.
Le Paradisier de Wilson et son crâne turquoise
Le Paradisier de Wilson (Cicinnurus respublica) présente une calotte de peau nue turquoise, si vive qu'elle reste visible dans la pénombre. Il est endémique de deux petites îles indonésiennes seulement.
Le Paradisier magnifique, jardinier de sa scène
Le Paradisier magnifique (Diphyllodes magnificus) débroussaille méticuleusement une arène au sol, écartant chaque feuille et chaque brindille pour que la lumière tombe correctement sur sa parade. Il aménage littéralement son éclairage.
Les illustrer, un exercice de précision
Ces plumages posent un problème redoutable à l'illustration : leurs couleurs sont souvent structurelles plutôt que pigmentaires — elles naissent de la façon dont la lumière se réfracte dans la plume. Une planche naturaliste réussie doit restituer cette qualité d'irisation sans tomber dans l'effet métallique.
Conclusion
Peu d'animaux justifient autant le format d'une planche naturaliste : ce sont des oiseaux faits pour être regardés longtemps, dans le détail. Nos cinq paradisiers sont disponibles en paysage et en portrait.

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